Fidel réapparaît en photo et évoque sa mort peut-être prochaine
23 01 2009( Agence France-Presse - Buenos Aires ) - Le dirigeant cubain malade Fidel Castro, 82 ans, est réapparu sur des photos publiées vendredi par la présidence argentine, les premières depuis deux mois, alors qu'il a pour la première fois évoqué sa mort peut-être prochaine dans une «réflexion» parue dans la presse locale.
Sur l'une des photos qui n'ont pas été publiées dans les médias cubains, on peut voir Fidel Castro, debout, en survêtement de sport, aux côtés de la présidente argentine Cristina Kirchner qu'il avait reçue mercredi dans sa «retraite médicale».
Les photos du «Comandante», les premières publiées depuis le 18 novembre, ont été prises par les autorités cubaines - qui les ont remises jeudi soir à Mme Kirchner en visite à Caracas - qui n'ont pas permis aux photographes de la délégation argentine d'assister à la rencontre tenue dans un lieu secret.
La rencontre avec Mme Kirchner était intervenue sur fond de rumeurs sur une aggravation de l'état de santé de Fidel Castro.
Ce dernier n'avait plus reçu de chef d'État étranger depuis novembre et n'avait plus publié de «réflexions» depuis le 15 décembre hormis un laconique message pour le 50e anniversaire de la Révolution le 1er janvier.
Le «Comandante» a tenté de donner une explication à son silence médiatique d'un mois, dans une brève «réflexion» où il parle pour la première fois de sa mort comme d'une éventualité peut-être proche qui, selon lui, ne doit pas perturber le cours des choses au sein du gouvernement de son frère Raul.
Il y fait l'éloge des «idées sincères» du nouveau président américain Barack Obama, mais évoque aussi sa propre mort en disant «espérer» ne pas être encore de ce monde à la fin du mandat d'Obama dans quatre ans.
«J'ai diminué les Réflexions comme je me l'étais proposé pour cette année, afin de ne pas interférer ou de gêner les compagnons du Parti et de l'État dans les décisions qu'ils doivent prendre» face à la crise financière mondiale, a écrit l'ancien président cubain.
«Je me sens bien, mais j'insiste: aucun d'eux ne doit se sentir impliqué par mes éventuelles Réflexions, ma grave maladie ou ma mort», a-t-il ajouté, laissant entendre que ses éditoriaux, plus de 150 depuis mars 2007, auraient pu indisposer des membres d'un Parti divisé entre partisans de réformes et conservateurs.
Fidel Castro a dû céder le pouvoir en juillet 2006 à son frère Raul, numéro deux du régime, à la suite d'une grave hémorragie intestinale. Il n'a plus fait depuis d'apparition publique mais reste présent sur la scène médiatique par le biais de ses réflexions dans lesquelles il se pose en gardien de l'orthodoxie.
«J'ai eu le rare privilège de pouvoir observer pendant très longtemps l'actualité. Je reçois l'information et médite calmement sur les événements. J'espère ne pas avoir à jouir d'un tel privilège dans quatre ans quand le premier mandat présidentiel d'Obama sera achevé», a-t-il conclu ce message intitulé le «onzième président des États-Unis» depuis la Révolution cubaine de 1959.
Raul Castro, 77 ans, avait lui assuré mercredi que si son frère était gravement malade, il ne pourrait effectuer, comme il est prévu, un voyage présidentiel en Russie à la fin du mois.
«Il fait de l'exercice, pense beaucoup, écrit beaucoup, me conseille et m'aide», a assuré Raul Castro qui avait promis à son arrivée au pouvoir des «réformes structurelles» pour relancer une économie exsangue, contrôlée à 90% par l'État.
Mais les réformes promises n'ont guère avancé en raison, selon des experts, de l'opposition de l'aile conservatrice du Parti qui doit en principe tenir en octobre un important congrès, le premier depuis 1997, pour définir la politique à suivre.
Publié par : Marcel Charland à 16:06:43Permalien
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